"Quand on aime il faut partir" - Blaise Cendrars
L'aéroport d'Addis Abeba est un point de rencontre du monde entier, un carrefour de civilisations innombrables qui se croisent, se télescopent, s'évitent et se mélangent sans ordre. Des avions de toute la planète arrivent ici, d'ici partent des vols pour les cinq continents, comme si tout le monde s'était donné rendez-vous en même temps à l'aéroport d'Addis Abeba avant de repartir. Mais le plus remarquable, c'est la quantité de personnes qui passent ici pour alimenter la machine industrielle universelle. Chinois, indiens, pakistanais, européens, de l'ouest, de l'est, africains de tous pays, arabes, croates, turcs, japonais, russes... Par cargos entiers déversés le temps d'un assoupissement sur un siège et remportés vers leur pays d'origine ou de destination, épuisés par les heures de vol, le travail et la misère. Et non loin d'eux, quelques privilégiés, de toutes nations également, qui font des affaires, et qui eux, d'ailleurs, voyagent en classe affaire.
Dans l'aéroport, les boutiques tax free répandent des parfums d'épices qui m’écœurent un peu. Mélange de curcuma, cumin, eau de rose, de fleur d'oranger, de graillon et d'encens, parfums d'Afrique et d'Orient.
L'arrivée sur Addis Abeba est splendide. Le paysage est de montagnes verdoyantes, semées de villes et de villages de toutes tailles. Addis Abeba en elle-même est démesurée. Depuis l'avion, il est très difficile de comprendre son architecture, qui semble un agglomérat de multiples quartiers de toutes dimensions, certains immenses, reliés les uns aux autres par des semblants de route. Cela ressemble aux plaques d'une banquise à la dérive.